Éclairage sur une culture en péril

Les résultats d’une étude consacrée aux Kararaô, un groupe méconnu d’Indiens Kayapo, financée par la Fondation culturelle Musée Barbier-Mueller, viennent d’être dévoilés. La culture de ce peuple en voie de disparition a été longtemps ignorée du public et des anthropologues, probablement parce qu’il ne possède plus de véritable maison des hommes et qu’il ne célèbre plus de cérémonies, devenu trop peu nombreux pour les accomplir. En effet, ce groupe ne compte aujourd’hui qu’une soixantaine d’individus

Une culture étudiée pour la première fois

Avec le soutien de la Fondation culturelle Musée Barbier-Mueller, le Dr Gustaaf Verswijver, anthropologue, ancien conservateur au département d’ethnographie du Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, a mené pendant quatre ans, de 2015 à 2019, des recherches chez les survivants de trois groupes kararaô, offrant un éclairage sur une culture en péril.

Gustaaf Verswijver s'entretenant avec Pãnhkamrêk « Miguel », un Kararaô Iriri en 2015. © Photo Daniel Tiberio Luz.
Famille kayapo en expédition dans la forêt amazonienne. 1975. © Photo Gustaaf Verswijver.

Une monographie

Avant d’étudier plus spécifiquement les Kararaô, Gustaaf Verswijver s’est concentré pendant quarante ans sur l’ethnohistoire des Indiens Kayapo, les conflits qui les ont divisés, leurs relations avec les Brésiliens et leur culture matérielle.

Les Kararaô se séparent des autres groupes kayapo au début des années 1930. Leur histoire se compose d’une suite ininterrompue de scissions et de fusions, de déplacements pour échapper aux attaques et aux massacres, des conséquences désastreuses provoquées par le rapprochement avec la société brésilienne, à laquelle ils consentent. 

L’étude du Dr Verswijver reflète non seulement la lutte des Kararaô pour leur survie, mais elle témoigne aussi de l’incapacité de l’État brésilien à leur fournir une aide adéquate avant les années 1970. Elle atteste enfin de l’impunité dont bénéficient les colons brésiliens (et leurs patrons) qui ont entrepris d’éliminer les Indiens.

Richement illustrée de photos d’archives et de clichés pris par l’auteur sur le terrain, agrémentée de cartes géographiques et d’arbres généalogiques, la monographie de Gustaaf Verswijver est disponible en français et en anglais. 

Monographie sur les Kararaô du Brésil central.

Un ethno-conte illustré

Parallèlement, la Fondation culturelle Musée Barbier-Mueller a publié un ethno-conte illustré s’adressant aux enfants, Oket et l’oiseau géant. Cet ouvrage est inspiré d’un mythe des Indiens Kayapo recueilli par le Dr Gustaaf Verswijver et raconté par Pascal Conicella. Les dessins ont été réalisés par l’illustrateur Helder Da Silva, dont le coup de crayon a donné corps à un récit coloré. Il s’agit du premier ouvrage de la série Lola l’aventurière éditée par la Fondation culturelle Musée Barbier-Mueller.

Le grand chef kayapo Raoni adresse un message à la Fondation culturelle Musée Barbier-Mueller par l’intermédiaire de l’anthropologue Gustaaf Verswijver qu’il nomme ici “fils”. Il explique la genèse des Kararaô, évoque leur histoire et les liens conflictuels qu’ils ont jadis entretenus avec les Kayapo et certains sous-groupes kayapo.

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