“Krôkrôkti”, la plus grande de toutes les coiffes en plumes des Kayapo

Lola l’aventurière s’est rendue chez les Kayapo qui portent fréquemment des coiffes en plumes lors de leurs cérémonies. Il en existe plusieurs types. Ainsi la coiffe en plumes figurant ci-dessus est la plus grande jamais conçue par les Amérindiens d’Amazonie. Nommée krôkrôkti, elle est confectionnée par des experts de sexe masculin. Elle est cependant portée aussi bien par des hommes que par des femmes ou des enfants, lors de la phase finale de certaines cérémonies majeures.

Cérémonie « mebiôk » accomplie par des femmes kayapo portant des coiffes du type de celles présentées au musée. © Photo Gustaaf Verswijver, Mekranoti, 1991.

Plus de 280 plumes

Si les dimensions varient en fonction des personnes qui s’en parent, les plus impressionnantes de ces coiffes ne comptent pas moins de 280 plumes (voire plus), prises sur la queue et les ailes d’un ara rouge et montées sur un bandeau de coton épais. Les plumes les plus grandes (issues de la queue) sont placées au centre, la taille de celles-ci diminuant progressivement jusqu’aux extrémités où sont fixées les plumes les plus petites (issues des ailes). Dans l’idéal, rarement atteint toutefois, une petite plume blanche provenant du corps d’un ibis, d’un héron ou d’un aigle, est attachée à la pointe de chacune des plumes de la queue de l’ara.

Krôkrôkti ou grande ondulation

Le terme de krôkrôkti (grande ondulation) renvoie au mouvement de la coiffe chaque fois que la personne qui en est ornée agite la tête ou le corps d’avant en arrière. Associée à un disque rond dit keikry (petit plan), la coiffe se place entre ce disque et l’arrière de la tête. D’autre part, une petite gourde, généralement fixée à l’arrière de l’ornement « afin de l’alourdir », empêche que la partie inférieure, fort longue, ne s’envole au moindre coup de vent.

Une immense couronne de plumes associée à l’astre solaire

Plusieurs mythes ou histoires témoignent d’un lien entre le krôkrôkti et le soleil ou la lune. L’un de ces mythes, en particulier, évoque « l’immense couronne de plumes d’ara rouge » arborée, un jour, par le soleil quand il provoque une pluie diluvienne au beau milieu de la saison sèche. Ce fait est néanmoins particulièrement inhabituel dans le milieu naturel qui est celui des Kayapo.

Ceci explique en conséquence pourquoi les informateurs relient fréquemment le krôkrôkti au soleil, notamment lorsque celui-ci brille derrière de sombres nuages qu’il ourle de blanc – phénomène céleste dont les plumes blanches bordant le krôkrôkti rendraient compte.

Gustaaf Verswijver

 

Une exposition au musée Barbier-Mueller

Cette coiffe ainsi que d’autres ornements en plumes des Kayapo sont actuellement exposés au Musée Barbier-Mueller.

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